Lao Vanglao
les ailes de l'éristal

Extrait du premier chapitre - Léstré promyé port
Ça n’a pas de valeur un trésor, mais il faut bien un jour s’en défaire ?
C’est aujourd’hui dimanche, et tout est permis dimanche, car il est dit, là où c’est écrit, que c’est jour de Seigneur dimanche; on ne ment pas.
Sur la table, la commande distribue les consignes, c’est elle qui me plonge aux creux des sillons balayés d’infrarouge. Désolé Mister-Whyte, je saute ici (change de zik et reviens); elles sont comme ces bulles de savon, nuancées de couleurs, happées par les vides, mes digressions musicales. Tout le monde ne s’accorde pas aux riffs violines, je le sais ! Moi, ça ne me gêne pas la bascule tenue à bout de bras par l’équilibriste, pendant que résonne le coeur syncopé du sati. C’est vrai, c’est au ternaire que je me soûle habituellement, mais le rock a cet avantage de ne pas me distraire, je comprends cette langue, un peu comme les cris saturés des récréations, c’est par là, que je m’évade !
C’est dimanche.
Le secondes s’éclipsent lentement, fendant mouramour les kanz de la nuit.
Avec elles les masques, torpeurs insidieuses dépourvus d’idiome. Et ce moi pensif qui s'évapore, minuscule voix à présent, écossé de ces ombres prisonnières, regards posés, peurs cantonnées aux cellules des corps et aux fenêtres des âmes. C'est dimanche sur Terre.
Quel temps fait-il au dehors ?
Il fait certainement beau, ni chaud ni froid, les vents arriveront bientôt, fidèles aux prémices du solstice. Les lumières sont douces en juin, teintées du bleu écru. Ici elles sont parsemées du blan-payanké, sirènes échouées aux falaises, rondes aux lignes amoureuses. On leur dit "esprits des marins morts en mer, et chants d'amour des femmes qui attendent leur retour".
L’arôme du café s’est habitué, c’est aussi sa maison, ces murs d'interstices, comme autant de grottes à se loger, gafourn où se lover. Il faut pourtant se décider, si dire parait simple, écrire est un chemin d’emprunt, une piste vierge qui s’impatiente aux caresses de la bille, aux cliquetis des touches; une étroite ruelle à s’y risquer.
Venez à moi, mémoires abîmes
Houles silencieuses des plateaux
Conjurer les vides qui s’arriment
Aux silences immoraux
(À suivre..)