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sucres & saccharoses

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Extrait du premier chapitre - Léstré promyé port

"Poézi dann Péyi-la"

 

Dans mon Île 

Un pays à part

Beau milieu de ces nulle part
Parts intimes du je
Dénudées aux braises
Volcaniques 

Du lieu

Bleus
Ses tapis marines-ciels

Ornés
De nuages étiolés
Filasses aux allures mendiantes

Et vents du sud

Berçant les houles maritimes

...

Les rêves noirs
S’abritent aux  îlets

Creusant aux plateaux des rives  

Les cris jaillissant 

Des sillons calcaires du lansiv

...

À qui sont-ils ces mains enroulées dans nos poches

Fibres Combourg nous enclavant la taille

À étouffer nos  jambes jarrets 

Bwamèg laminés 

...

Au creux de nos mémoires

Ces perles de hanches 

Arrachées

Beaux territoires

Beaux aïeux
Perdus

Dann kré nout mémwar

Bêtes battues

Sanglées aux zargano des murs

Plaies qui s’ouvrent

Irruptées
Sous les assauts du nerf
Cachots sans regards
Rouges blessures 

Du corps qui dort

...

Dann nout fonnlâm

Foules et silences

Aux sons des cloches
Galang-Galang

Dieu se promène

Alphabétique
Dames et Demoiselles

Parées de dentelles

 

Apparat

Bleu de chine

Rose de parme 

La Grande Allée

Tapissée de pierres
S’ouvre aux ombres blanches

C’est dimanche
Il est venu 

Fils au coeur grenat

Se répandre aux bolok et bèrtèl

Qu’as-tu donc volé à ton Maître-saigneur

...

Le monde est un écho

Anagramme railleuse du désordre qui s’installe

Au nom du doute

Des périples dérives

Au nom de la bonté importée 

Icônes expédiées

 

Vade Retro Satana

Disaient-ils

...

Galé

Ô
Mon éternel

Viens

T’asseoir au banc

Du jugement
Vient
Je t’en supplie

D’une brise d’encens 

Exorciser ces âmes du Bien

Me voici fomentant mes liens 

Libre 

Aux kanoneri de retraite

Courant à présent

Lignes scarifiées
Par-delà les Karé
Filant aux ravines des hommes
Prendre part 

Au Fanjakana-bé

...

Entendre ces vents du ciel perdus 

Qui ne courbent pas l’échine

Volent

Tourbillonnent

Au dos des falaises

 

Ils chantent à cette île

Berceuses

Caresses aux rivières

 Sourires aux arbres
Rîmes tresseuses de ces danses à fouké

Champ libre des collines

Où se hissent les refuges sans feu

...

Cours Oto cours

Aux pas de ton coeur qui bât
Laisse les soupirs de la côte
Hisse ta rage bravoure

Au rang des sages vivants

Seuil padport du Levant

 

Ils t’attendent lào

Mains guérisseuses

Des silences 

Herbes frissonnantes d’arômes

À laver tes pleurs

 

Ils t’attendent Oto

Du nom de ta jungle

Rapté

...

Debout

Devant le jour qui se lève

Nous voici Homme-Bardzour

Tissant les falaises toutes vierges 

Cirques et crêtes ensemencées 

De ces foulées maronnes

 

Contre le feu sans flamme 

Souffle court 

Saccadé comme ces lames amères qui s’écrasent aux rivages 

L’oeil s’éveille

Aux éclats de ces larmes retenues

Silencieuses comme les flux qui lentement se retirent

...

Pas de livres à brûler 

Là-Haut

Les mots sont encrés 

Aux grottes des veines 

Héritages des Griots

Teny tatoués sous la roche Tantara

...

Paix aux chairs de nos Pères abimés 

Paix aux chairs de nos mères mpiady
Lanceuses de Lefona

Fleurs élevées au kibon'ny tany

...

Oui

Ils sont enterrés les chants kwaheri

Sous les grands arbres sacrés du Royaume

...

Te voila 

Me voici

...

Je ne connais pas vos hymnes Mzazi
J’entends vos pleurs et ceux de Zanahary
Tombés du haut des remparts 

Ils coulent le long des ravines et cascades

Emplissant les vouv des pioches

Les calebasses des sabres
Les tonneaux ouleur des fangok

...

Ils sont empreints de sève henatra

Furaha de Wata

Maloy aho criées des Gasy

Mauve endémique yodlés de peines

Ils sont Kabary sacrés
Blues archipels Commory
Maloya aux épices guildives

Mélasses dorées aux effluves interdites

...

Ils sont lianes envahissantes 

S’enroulant aux troncs ancestraux

Feuilles oecuméniques
Refuges aux gouttes élancées 

Rosées arcs-en-ciel 

Embaumées de salutations solennelles

...

Point de latin civilisateur

Juste des mots d’une autre langue
Murmurés à la pierre
Et chaque recoin de cette terre non hostile

...

Nous voici 

Izaho sy ianao

...

Rythmes ternaires 

Envahissant le ventre des femmes

Une à une enfantée
Noire-Terre-Mère
Des origines

...

À l’assaut les gaillards
Ils aboient les chiens

Ils hurlent comme des loups assoiffés de lune 

Aux cris des Mussards

Semonces de Diane

Sous les brouillards zavono

Qui nous ceint

Et sifflent les plombs du destin

À la gloire des saints

...

Cours Oto cours

C’est si peu de mourir

Cours jusqu’au rives Shona

De kap en galé

Perles au collier de Tchinza

...

Cours âme cours

À leur dire 

Fratrie de Raphaane

Que Malopyé est tombé

...

Cours Oto cours

C’est si peu de mourrir

Jusqu’aux rives des cités arrimées

Cours encore à nous dire

Les souffles

Des lianes Fahafatesana

...

Je suis né libre

Je suis venu libre 

Je suis allé libre

...

Je reviendrai libre

...

Que les feuilles des arbres me bercent

Que les ronces du soleil m’éveillent

Que les pierres foulées me pardonnent

Toi seule Gaya m’a donné le sein

Qu’importe le prix à présent
Les sangs versés ont imbibés nos racines
Coupes-résiliences 

Où nous buvons 

...

Tombent les hommes nus

Sous les armures enivrées 

Nos ongles creusent à présent

Les lignes vallées secrètes
Du Péyi-Pitré

 

Portez-moi

Ô Zanahary

Vagues-à-laves délivrées

Au Tempoly

Boranbor bout-Lang-la
Lankoubé 

...

Portez-moi

Salangane des forêts
Mythe si lakok lil-la

Au tampony
L’île-Sokatra-la 

Kaloubé.

(..À suivre..)

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